Découvrez une technique d'émaillage

Le RAKU

Les étapes de cette technique

Après le modelage, première cuisson

Une fois la sculpture entièrement modelée, elle doit sécher lentement trois semaines à un mois sont nécessaires pour que l’humidité s’évapore naturellement.  Vient ensuite la première cuisson, appelée biscuit, qui transforme chimiquement la terre encore friable en un matériau solide et résistant. Cette étape, d’une durée d’environ huit heures, consiste en une montée progressive de la température jusqu’à 1 050 °C dans un four électrique. 

Sculpture en argile représentant une loutre qui court.

Une fois séchée, seconde cuisson

Une fois la pièce refroidie, débute la phase d’émaillage, moment crucial où la sculpture reçoit son revêtement brillant et protecteur. L’émail, mélange de silice, de fondants et d’oxydes métalliques, est appliqué au pinceau sous forme d’un lait fluide. Lors de la seconde cuisson, il fond et se vitrifie, formant une fine couche de verre adhérant à la terre.

Selon les oxydes ajoutés : cuivre, cobalt, fer ou chrome, les couleurs et nuances se révèlent.


Image du four de à raku, ouverture après la cuisson.

Sortie du four

Quand la pièce sort du four en raku, elle est encore brûlante, incandescente, comme du verre en fusion. Les couleurs vibrent, la surface semble vivante, fragile et intense à la fois.

À l’instant où elle est retirée des flammes, l’air plus frais vient la saisir. Le vent touche l’émail et la température chute brutalement. Ce choc thermique crée une tension à la surface : ce sont les premières fissures qui se dessinent. L’émail se rétracte plus vite que la terre en dessous, et le réseau de craquelures se dessine.

Résultat final

La pièce est déposée dans un bac rempli de sciure qui s’enflamme au contact de la pièce encore chaude. Une fumée dense monte aussitôt, enveloppant la pièce dans une atmosphère épaisse, presque opaque.

La fumée teinte ainsi la terre non émaillée et s’infiltre les fissures de l’émail, qui continuent de se former pendant le refroidissement. Chaque craquelure devient un passage, le carbone s’y dépose, les souligne, les révèle.

C’est une étape imprévisible. Le refroidissement se fait lentement, et avec lui se fixent les contrastes : le noir profond des terres enfumées, le dessin fin des craquelures, la brillance de l’émail désormais figé.

L’histoire du Raku, un art japonais

Tasses en céramique aux couleurs variées sur un plateau en céramique.

Un peu d’histoire

Le Raku japonais naît à l'ère Momoyama (vers 1580). Il est le fruit d'une rencontre entre deux figures historiques. Sen no Rikyū est maître de thé qui a codifié le Wabi-cha : la cérémonie du thé simple et dépouillée et Chojiro, un artisan tuilier d'origine chinoise ou coréenne.

Rikyū, cherchant des bols qui incarnaient l'esprit Wabi, signifiant beauté dans la simplicité et l'humilité, demanda à Chojiro de créer des bols façonnés à la main, sans tour de potier. Ces bols, essentiellement à base des oxydes de fer (rouge) ou du manganèse/cobalt (noir), étaient volontairement irréguliers pour s'adapter parfaitement au creux des mains.

Le nom ne vient pas d'une technique de cuisson, mais d'un lieu. Le fils adoptif de Chojiro, Jokei, reçut du dirigeant Toyotomi Hideyoshi un sceau d'or portant le kanji "Raku" (楽), qui signifie "joie", "aisance" ou "plaisir". Ce sceau était lié au palais du Jurakudai où les tuiles de la famille étaient utilisées.

C’est ainsi que la famille prit le nom de Raku, une lignée qui perdure encore aujourd'hui avec la 16ème génération par Jikinyū Raku. (site de la famille Raku)

Le Raku occidental est né dans les années 1960 par le céramiste américain Paul Soldner. Il a radicalement modifié la technique : en sortant les pièces du four, il a eu l'idée de les plonger dans des matières organiques (sciure, feuilles, paille) est, à l'inverse, une technique de recherche esthétique et visuelle. La combustion privée d'oxygène crée des effets spectaculaires, comme des reflets métalliques brillants et des réseaux de craquelures noirs intenses, transformant la poterie en une œuvre décorative unique.

Tasses en céramique de différentes tailles placées sur un mur de briques blanches, avec un éclairage chaud en dessous.
Un four à charbon en fonctionnement avec du charbon incandescence brillant en orange et rouge, dans un espace entouré de briques de pierre.
Œuvres qui brûlent dans un contenant en métal, avec de la fumée et des flammes.

Autre technique de finition : La Patine

Une sculpture abstraite en métal représentant une queue de cachalot stylisée, peinte en nuances de bleu, gris et blanc, sur un fond bleu clair.

Patiner les pièces permet de personnaliser la sculpture de multiples façons : elle permet de donner une âme à la pièce. Après avoir bouché les pores de la pièce avec un liant acrylique, j’utilise des couleurs acryliques en appliquant différentes couches selon les effets recherchés. Je termine ensuite la pièce en appliquant un vernis protecteur.

Une sculpture artistique de Baobab.